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Les Présidents brésilien et français ont signé fin 2008 un accord bilatéral de coopération en matière de lutte contre l'orpaillage illégal en Amazonie. L'initiative bilatérale vise en effet à fournir des réponses concrètes au plus important problème socio-environnement al des Guyanes.
Depuis la fin des années 1990 et la hausse du cours de l'or, la Guyane française compterait entre 3 000 et 15 000 “garimpeiros” travaillant illégalement sur son territoire. Face à ce constat, le président de la République française avait lancé, en février 2008, les “opérations Harpie”, censées limiter cette véritable ruée vers l'or. Mais dans les faits, l'opération Harpie n'a eu qu'une durée de vie limitée à quatre mois.
Par ailleurs, l'absence de réelle coopération trans-frontaliè re avec le Brésil n'a pas permis d'enrayer les flux d'approvisionnement logistique de l'orpaillage clandestin, impactant notamment le Parc Amazonien de Guyane et les communautés autochtones.
Un fléau pour les écosystèmes et les populations locales
Pour produire 1 kg d'or, les orpailleurs clandestins utilisent à minima 1 kg de mercure, mettant en péril leur santé, et celles des populations locales avoisinantes. Les effets neurotoxiques de ce métal sont en effet avérés, et la teneur naturellement élevée de ce métal dans les sols du plateau des Guyanes font du moindre rejet anthropique une menace sanitaire forte sur les populations et les écosystèmes forestiers et aquatiques. Le WWF estime que chaque année, 30 tonnes de ce poison sont ainsi déversées dans les milieux naturels des Guyanes.
Le WWF vient de réaliser un survol aérien de sites témoins, situés au coeur du Parc Amazonien, et toujours impactés par ce fléau. Au 13 décembre 2008, les chantiers clandestins étaient en effet toujours nombreux en amont des principaux affluents de l'Approuague, et autour du village de Camopi, dont les habitants avaient souhaité s'inscrire dans le coeur du Parc National de Guyane, en vue de limiter leur exposition aux problèmes liés à l'orpaillage clandestin.
L'activité aurifère illégale est un véritable problème social et environnemental. Sans le contrôle des gouvernements, les dégâts environnementaux, notamment sur les écosystèmes aquatiques, deviennent d'énormes problèmes de santé publique. Comme il s'agit d'une menace transnationale, il est indispensable d'y répondre par la coopération bilatérale, a déclaré Carlos Alberto de Mattos Scarmuzza (WWF Brésil).
Source : WWF